Loin de toutes les
zones de conflits des deux derniers siècles, Mercure et ses stations en orbite
prospèrent sous la gérance attentive des IA vulcaniennes. La région est connue
pour sa production d’énergie, sous la forme de faisceaux alimentant les
stations vénusiennes ainsi que de nombreux centres de recherche disséminés à
travers le système. Mercure dispose également de centres produisant les
réacteurs et générateurs ensuite convoyés jusqu’aux unités de productions des
keratsu.
ACNIOS est une IA
planétaire comptant parmi les plus anciennes développées dans les laboratoires
de Terra-Luna, deux siècles plus tôt. Particulièrement indépendante et brutale
dans ses réactions, elle a fait de Mercure une zone neutre cernée de plusieurs
sphères défensives automatisées, considérant tout intrus comme un ennemi. En
vérité, nul organique ne s’est plus aventuré dans les entrailles de ce monde
depuis plus d’un siècle.
ACNIOS délègue
toutes les interactions avec les mondes extérieurs à ses IA vulcaniennes, en
charge du protocole et des relations avec les autres groupes d’IA en partance
pour les systèmes stellaires proches. Mercure est l’unique fournisseur de
réacteurs superluminiques, développés par ACNIOS lui-même, et la majorité des
flottes encore en activité après la Troisième opposition nécessitent une
maintenance spécialisée dans l’une des cales de radoub à la frontière
mercurienne.
Les IA vulcaniennes
descendent toutes d’ACNIOS et suivent pour la majorité les décisions de leur
créateur. Elles se divisent entre les unités automatisées de la ligne Hélios,
les énormes usines sous la surface de Mercure et les centrales orbitales
régulant les flux d’énergie solaire inondant les stations du Bloc rouge.
A la frontière du
secteur mercurien, les stations Hélios
abritent des chantiers navals indépendants, de vastes ateliers et des entrepôts
qui furent convoités par toutes les factions du système. Les synthétiques
mercuriens sont réputés pour leurs alliages avancés, à base de nanomat
exceptionnels, tributaires cependant d’une maintenance régulière dans les
stations Hélios. Les vulcaniens maintiennent des contrats avec les principales
keratsu vénusiennes et auraient des liens avec les Dragons, pourtant très
éloignés. Les principaux clients de Mercure restent cependant les groupes d’IA
stellaires, cherchant à assembler d’énormes essaims-porteurs, capables de
transporter toutes les machineries nécessaires à l’établissement de colonies
autour de nouvelles étoiles.
Les vulcaniens
assurent également la promotion de leurs produits et ont approché les instances
de l’OPMS afin d’offrir plusieurs réacteurs à fusion capables d’alimenter de
petites villes. Les mercuriens emploient d’énormes chargeurs lourdement armés,
et disposant de nanocoques se régénérant à un rythme particulièrement rapide.
Même les plus gros croiseurs peinent à entamer ce type de vaisseau, pourtant
élaboré comme de simples transporteurs.
La planète Mercure n’a jamais été colonisée par
les organiques, et ce fut ACNIOS qui vint le premier, amenant avec lui un
essaim de petites unités automatisées dérobées en orbite de Terra-Luna, et qui
servirent à l’assemblage de la première station orbitale. Depuis lors, la
majorité des infrastructures planétaires sont enterrées sous la surface et
forment une immense usine monitorée par ACNIOS en personne. On ignore combien
d’IA l’assistent sur Mercure, mais quelques données ont pu être collectées par
les renseignements vénusiens, indiquant la présence de plusieurs dizaines de
milliers de robots en activité. Les défenses de la planète sont inconnues, mais
des analyses indiquent une production d’énergie trente fois plus importante que
celle de Terra-Luna et de Mars réunies. Ceint de plusieurs anneaux de
satellites automatisés, la planète est une immense usine produisant aussi bien
des nanomats que de la technologie de pointe dans le domaine de l’énergie. Le
Virtuaspace mercurien est protégé par un étroit maillage de défenses imitant le
rayonnement solaire et repoussant toutes les IA étrangères en incinérant leur
code-source. Il est formé d’une infrastructure pilotant toute l’industrie
planétaire et orbitale, avec un noyau hautement sécurisé où les chercheurs
synthétiques œuvrent sans relâche au développement de technologies N-tech.
Selon certains analystes vénusiens, les courbes mercuriennes de développement
viseraient actuellement différents modèles de propulseurs hyper-quantiques,
capables d’écourter grandement les trajets jusqu’aux étoiles proches. Après la
Troisième opposition, plus aucun autre laboratoire ne travaille sur les
problématiques N-tech et de nombreuses organisations tentent de négocier de
nouveaux contrats avec Mercure, mais l’essentiel de la production reste réservée
aux groupes d’IA organisant l’exode massif vers les systèmes stellaires
proches. Beaucoup s’inquiètent de voir également partir ACNIOS et ses IA
vulcaniennes, et l’idée de voir un tiers de la production énergétique du
système solaire s’éteindre soudainement donne des sueurs froides aux plus optimistes
des prospectivistes.
Bien que les
organiques soient absents de la région mercurienne, il existe quelques
communautés nanobio regroupées sur la ligne HELIOS à bord de vieux navires
arrimés aux principales stations et formant une interface utile pour certaines
IA vulcaniennes. Bien que les ateliers et laboratoires leurs soient fermés, les
clans NB mercuriens disposent de toutes les commodités ainsi que de la
protection des IA face aux autorités des autres mondes. La station Héphaistos
3, un chantier spatial et une cale de radoub majeure sur la ligne, est
également reconnue comme un lieu de rassemblement pour les nanobio en fuite. Et
bien que les tribunaux privés puissent toujours lancer des mandats contre
certains individus recherchés, nul ne s’est encore risqué à éprouver le droit
d’asile offert par les IA vulcaniennes. Les règles d’admissions à bord des
stations HELIOS restent cependant strictes, et la population NB doit se réguler
sévèrement afin de pouvoir bénéficier de la protection mercurienne.
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