Sa création découle directement du bilan de la Troisième Opposition. Des milliers d’habitats ont été endommagés, abandonnés ou privés d’une partie de leurs infrastructures. Certains mondes possèdent des ressources abondantes mais plus les moyens de les exploiter ; ailleurs, des communautés survivent dans des stations conçues deux siècles auparavant et rafistolées depuis avec des technologies incompatibles. La Paix de Sol ne pouvait tenir si elle ne s’accompagnait pas d’une amélioration concrète des conditions d’existence.
L’O.R.B.I.S. finance donc la reconstruction des habitats, des réseaux énergétiques, des hydroponiques, des installations médicales et des systèmes de recyclage. Ses équipes étudient également les environnements dégradés afin d’éviter que leur exploitation ne compromette définitivement leurs ressources. Elles travaillent sur Terre aux côtés des populations confrontées au dérèglement climatique, dans la Ceinture auprès des petites communautés et jusque dans le Bloc Bleu lorsque des infrastructures essentielles nécessitent une coopération entre puissances.
L’organisme possède surtout un principe fondamental : aucune communauté ne doit devenir dépendante de l’OPMS. Les ingénieurs transmettent plans, outils et savoir-faire afin que les habitants puissent entretenir eux-mêmes ce qui a été construit. Cette philosophie rapproche naturellement l’O.R.B.I.S. de la Confédération Lōka et de ses technologies libres, mais provoque des tensions récurrentes avec les Tigres et certaines Keiretsu, peu enthousiastes à l’idée de voir leurs brevets remplacés par des systèmes ouverts.
Ses agents sont surnommés les Bâtisseurs. Ingénieurs Organiques, IA architectes, Nanobios spécialisés dans les écosystèmes artificiels et robots lourds voyagent souvent dans des ateliers-vaisseaux capables de produire sur place les premières infrastructures nécessaires à une reconstruction.
Pour le jeu, une mission O.R.B.I.S. peut consister à rendre habitable une station abandonnée, arbitrer le partage d'un gisement de glace, restaurer un écosystème fermé, démanteler une infrastructure militaire ou trouver comment maintenir en vie une communauté dont la technologie essentielle n'est plus produite.
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La Troisième Opposition n’a pas seulement détruit des infrastructures. Elle a fait disparaître des langues, des communautés, des archives, des traditions et parfois les derniers représentants de cultures entières.
M.N.E.M.O.S. - Mission des Nations, Ethnies, Mémoires et Œuvres de Sol - est née d’un constat particulièrement douloureux : au cours des premiers inventaires réalisés après la guerre, l’OPMS découvrit que l’on possédait parfois davantage d’informations sur des cultures du XXIe siècle que sur certaines communautés disparues vingt ans auparavant.
Sa mission consiste à préserver le patrimoine humain sous toutes ses formes.
Ses équipes collectent des témoignages, restaurent des archives numériques, recherchent des œuvres dispersées et accompagnent les communautés souhaitant préserver leurs traditions. Mais M.N.E.M.O.S. refuse de transformer les cultures en objets de musée. Une langue ne doit pas seulement être enregistrée : elle doit pouvoir continuer à être parlée. Une tradition culinaire ne doit pas devenir un fichier : il faut encore des gens pour cuisiner. Une fête doit pouvoir changer, évoluer et être transmise.
Cette conception fait de M.N.E.M.O.S. une organisation beaucoup plus active qu’un simple service d’archives.
Ses ethnologues accompagnent par exemple les Éwé de Nouvelle Lomé dans la transmission de leur culture au sein d’un habitat mercurien. Ses historiens travaillent avec les communautés sikhes de la Confédération Lōka. Des équipes parcourent la Terre pour recueillir les mémoires des régions devenues inhabitables. D’autres s’intéressent aux cultures émergentes des Synth, des Nanobios et même des communautés robotiques, soulevant une question essentielle : qu’est-ce qui appartient désormais au patrimoine de l’Humanité ramifiée ?
M.N.E.M.O.S. administre également les Archives de Sol, une gigantesque collection distribuée dont les copies sont volontairement dispersées entre plusieurs mondes afin qu’aucune nouvelle guerre ne puisse les détruire toutes.
Ses agents sont communément appelés les Passeurs.
Une aventure M.N.E.M.O.S. peut mener à rechercher les archives d’une station détruite, retrouver le dernier locuteur d’une langue terrestre, négocier la restitution d’œuvres emportées durant le Grand Exode, découvrir une culture Synth refusant d’être archivée ou décider quoi faire lorsqu’une mémoire historique contredit radicalement la version officielle de la Paix de Sol.
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La C.O.R.D.E. - Commission d’Observation, de Régulation et de Diplomatie des Échanges - s’occupe de ce qui maintient réellement le système solaire uni : les échanges.
Pas seulement le commerce. L’eau, l’énergie, les données, les technologies, les personnes, les connaissances scientifiques, les routes spatiales et même les droits de passage constituent autant de ressources susceptibles de provoquer une nouvelle Opposition.
La Première avait notamment été nourrie par la question du contrôle des ressources extraterrestres. La Seconde avait opposé des sociétés ne reconnaissant plus la légitimité des mêmes institutions. La Troisième avait démontré qu’un embargo, un sabotage logistique ou une rupture énergétique pouvaient devenir aussi destructeurs qu’une flotte militaire.
La C.O.R.D.E. fut donc créée afin de rendre les interdépendances visibles avant qu’elles deviennent des armes.
Ses observateurs suivent les grandes routes commerciales et les ressources stratégiques. Ses diplomates négocient des droits d’exploitation partagés. Ses économistes et IA de modélisation détectent les situations où une communauté devient dangereusement dépendante d’une puissance. Ses juristes élaborent des accords permettant aux technologies vitales de circuler malgré les systèmes de brevets incompatibles du Rouge, du Bleu et des communautés indépendantes.
La C.O.R.D.E. administre également les Communs de Sol, une catégorie créée par la Paix regroupant certaines ressources considérées comme trop importantes pour devenir la propriété exclusive d’une puissance : routes de secours, fréquences de communication d’urgence, certaines bases de données scientifiques et quelques infrastructures indispensables à la navigation interplanétaire.
Cette mission la place constamment au milieu des tensions. Les Tigres dénoncent régulièrement son ingérence économique. Certaines Keiretsu tentent d’influencer ses décisions. Les Lōka réclament que davantage de technologies rejoignent les Communs. Les petites stations voient souvent la C.O.R.D.E. comme leur seule possibilité de négocier avec des puissances infiniment plus importantes qu’elles.
Ses membres sont surnommés les Tisseurs.
Une mission peut commencer par une pénurie inexplicable d’eau dans une station et révéler une tentative de prise de contrôle économique ; conduire les personnages à négocier l’exploitation d'un astéroïde revendiqué par trois communautés ; leur demander d'ouvrir un corridor humanitaire entre Rouge et Bleu ; ou les confronter à une technologie révolutionnaire dont la diffusion gratuite pourrait bouleverser l'équilibre économique de Sol.




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